Drapeau de l’Albanie

Drapeau Albanie

Bordée à l’ouest par la mer Ionienne et la mer Adriatique, lieu de passage entre l’Orient et l’Occident, l’Albanie est un pays à l’image de son histoire, riche et mouvementée. Carrefour de religions et de cultures, elle se comprend aussi par sa géographie. Au cœur des Balkans, l’Albanie est bornée au nord et au nord-ouest par le Monténégro, au nord-est par la région du Kosovo (province de la Serbie, aujourd’hui sous administration onusienne), à l’est par la Macédoine. Sa capitale est Tirana.

Protégée par le relief montagneux, la population de l’arrière-pays a toujours vécu pendant  longtemps selon ses propres coutumes. C’est un territoire, grand de par son histoire, riche en péripéties. Il est couvert de forêts sauvages, à la faune et à la flore très variées. Il compte l’un des plus vieux lacs du monde : le lac d’Ohrid. 

La proclamation de l’Indépendance de l’Albanie par l’Assemblée de Vlora, le 28 Novembre 1912, et la fondation de l’État albanais indépendant ouvrirent une nouvelle ère pour les populations Albanaises. Celles-ci marquèrent un tournant radical dans la vie de cette nation, après cinq siècles d’esclavage sous domination ottomane et le début d’une époque de liberté et d’indépendance, ouvrant la voie du progrès. 

Histoire d’un symbole national 

En plus d’être très attachés à leur histoire, les Albanais le sont également à leur drapeau. Véritable symbole national. on le voit flotter sur les bâtiments des institutions politiques, aux voitures, aux fenêtres des maisons, entre autres. Officiellement adopté le 7 avril 1992, le drapeau albanais fait partie intégrante de l’histoire du pays, déjà depuis l’indépendance en 1912, et même bien avant cette période selon certaines sources.  

Drapeau Albanie

Constitué d’un fond rouge avec un aigle à deux têtes en son centre, le drapeau albanais proviendrait du sceau similaire de Gjergj Kastriot Skanderbeg. Il s’agit d’un Albanais du XVe siècle, meneur de la révolte contre l’Empire ottoman qui conduisit à une période d’indépendance.

L’aigle aux ailes ouvertes représente la liberté. Le fond rouge symbolise le sang des patriotes qui ont donné leur vie pour l’Albanie. Le régime communiste y ajouta une étoile jaune à cinq branches, supprimée par le premier parlement pluraliste albanais en 1992 après la chute du communisme.

De plus, au nom de Scanderbeg, héros national pour la lutte contre l’oppression et sous son drapeau, qui est devenu le drapeau national, les Albanais ont continué la guerre contre les Ottomans. La représentation d’un aigle à deux têtes sur fond rouge dans le drapeau remonterait même à une époque bien plus reculée : à l’Antiquité, du temps de l’Empire byzantin.

Chez les Albanais et Albanaises, certaines expressions sont parlantes. Entre autres : 

  • « Vivre aussi longtemps qu’un aigle » : vivre vieux.
  • « Fils de l’aigle » : compliment pour une personne vive et efficace.
  • « Attaquer comme un aigle » : attaquer avec efficacité et rapidité.

Le drapeau de l’Albanie

L’histoire du drapeau actuel se confond à celle qui est restée vive dans la mémoire du pays, puisque le drapeau de l’Albanie reproduit depuis 1912 l’aigle bicéphale – emblème fréquent en héraldique et qui fut aussi le symbole des Habsbourg – en souvenir de la légende du roi Shquipetar. Ce dernier, dit-on, sauva un aiglon de la morsure d’un serpent venimeux, puis l’adopta, ou se l’appropria.

En échange de l’oiseau réclamé par sa mère, Shquipetar reçut la force des ailes de l’oiseau, son regard perçant, sa protection et son soutien tout au long de sa vie. Les ailes puissantes et ouvertes de l’aigle symbolisent la liberté chèrement acquise des albanais, au prix du sang qui est lui aussi figuré sur le drapeau par la couleur rouge. Quant à l’aigle à deux têtes, beaucoup y voient la réunion figurée des catholiques et des orthodoxes, ou des chrétiens et des musulmans, ou encore du Sud et du Nord du pays.

Les origines des Albanais et les États illyriens

Descendants des anciens Illyriens, les Albanais s’avèrent l’une des populations les plus anciennes de la péninsule balkanique. Certaines études linguistiques et découvertes archéologiques montrent que les Illyriens ont pu se maintenir dans l’Illyrie du sud et en Épire parce que les populations slaves furent moins nombreuses à s’y installer.

Les Albanais, descendants des Illyriens sont obligés de se développer comme peuple  dans des territoires peu étendus et même  difficilement accessibles, afin de s’assurer une protection naturelle contre les envahisseurs.

Dans ces régions, la romanisation est accompagnée dès le premier siècle de la pénétration du christianisme. Partagée entre les influences grecque et romaine, la civilisation illyrienne se maintient à l’intérieur  de la province où la tradition païenne, avec  culte d’offrandes et sacrifices, subsiste. Rome envoie des gouverneurs qui restent à la tête des provinces pendant une année. En tant que représentants de l’Empereur, ils ont un pouvoir illimité : civil comme militaire.

Après les périodes d’occupation romaine, angevine et serbe, apparaît un véritable État centralisé établi au XVe siècle sur des terres  albanaises, celui constitué par le fameux Scanderbeg. Ce personnage prestigieux incarnera la nation albanaise en  lutte contre les Ottomans ; assure une brève période de souveraineté indigène, qui s’achève à la fin  du siècle avec la conquête ottomane.

Néanmoins, cette domination turque laisse aux régions montagneuses, qu’elle n’est d’ailleurs pas en mesure de contrôler, une large autonomie, se manifestant essentiellement par le Kuvend. Cette  Landsgemeinde villageoise ou régionale maintient alors dans ces montagnes un régime de démocratie directe. Cette institution coutumière perdurera après l’écroulement de l’Empire ottoman jusqu’à l’avènement du communisme au lendemain de la seconde guerre mondiale.

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