Drapeau de la Mongolie

Drapeau de la Mongolie

La Mongolie est un pays fascinant et chargé d’histoire qui s’étend sur 1.564.116 km² (plus de deux fois la France). Cependant, cette République d’Asie, dont la capitale est Oulan-Bator, demeure peu connue du grand public. Au fait, connaissez-vous le drapeau de la Mongolie avant de lire cet article ? 

Description du drapeau de la Mongolie

Le drapeau national, en vigueur depuis le 12 février 1992 est composé de trois bandes verticales proportionnelles : deux bandes rouges encadrant une bleue (couleur du ciel et couleur nationale). Sur la gauche, à l’intérieur de la bande rouge côté du mât, apparaît un dessin jaune : le Sayambo ou Soyombo. Vieux symbole mongol, il traduit de haut en bas : le feu, la terre, l’eau, le soleil, la lune, le yin-klmkj.

Drapeau de la Mongolie
Drapeau de la République de la Mongolie

Drapeau de la Mongolie : symbole national

La signification du dessin jaune est liée aux croyances mongoles. Premier graphème de l’alphabet éponyme créé au XVIIe siècle (1686) par le moine Zanabazar, le Soyombo, dans sa partie supérieure représente le « feu à trois flammes », le couple « soleil, lune » (nar sar). Pour les Mongols, c’est un symbole d’identité et d’indépendance. Il apparaît à la fois sur l’emblème de l’État, le drapeau et sur le sceau. 

Le symbole des trois petites flammes fait référence à Chinggis Khan. Il est : erdene gal, « feu-joyaux », « lumière/flamme du précieux joyau (cindamani) », ou « feu à trois flammes ». Elles symbolisent le passé, le présent, le futur, et le lien les unissant. Symbole de continuité, de prospérité, de succès, il prit une dimension plus importante depuis qu’on l’a retrouvé sur des anciennes sculptures rupestres. Ce symbole représenterait, comme l’étendard, le süld du Khan, sa force de vie et celle des ancêtres. En effet, plusieurs portraits montrent Chinggis Khan avec le soleil, la lune et la flamme, au-dessus de sa tête ou de son trône.

Cependant, dès 1945, B. Rinčen (1905-1977), homme de sciences et nationaliste proposa une nouvelle interprétation des différentes parties du symbole, le dépouillant ainsi du sens bouddhique. Le feu signifiera la régénération et la perpétuation, le soleil et la lune, le père et la mère du peuple mongol. Après la Révolution, on enleva également au sojombo les lettres tibétaines latérales et le lotus. Jusqu’en 1992, le drapeau comportait une étoile, symbole du communisme. 

Histoire des Mongols

L’histoire spectaculaire de la Mongolie se confond à celle de l’empereur Gengis-khan et sa dynastie qui firent trembler l’Eurasie au XIIIe siècle. Elle est faite de conquêtes, d’unifications, d’alliances… A la tête de tribus nomades réunifiées sous sa bannière, Gengis-khan conquiert au 13e siècle le plus vaste empire jamais connu.

Dès le 3ème siècle avant J-C, les Xiongnu (dont les descendants seraient les Huns, avec à leur tête Attila) vont à l’assaut des Chinois au Sud. Ce conflit à l’origine de la construction de la Grande Muraille, s’étendra sur des siècles. Les Mongols suivront les Xiongnu. 

L’Empire Mongol

De 1206 à 1294, Genghis Khan et ses successeurs conquièrent l’Asie Centrale, la Chine, le Moyen-Orient, la Russie. Poussant de l’Ouest jusqu’en Autriche (à l’Est), ils tentent d’annexer le Japon, la Birmanie au Sud, et vont même jusqu’en Indonésie.

Cet empire commence à s’effondrer en 1368, avec la perte de la Chine. Au XVIe siècle, sous Altan Khan, les Mongols se convertissent au bouddhisme tibétain sous la poussée des Ming. Un siècle plus tard, ils tombent sous la domination des Mandchous.

Au temps où s’unifie la Chine sous son premier empereur, Qin Shihuangdi, les Xiongnu dominent la steppe, puis viennent les Xianbei, les Tujue, les Ouïgours, les Kirgiz, les Kitan (« proto-mongols » selon les historiens). Ils fondent en Chine du Nord la dynastie des Liao. Puis, les Djourchètes prendront le pouvoir en 1125 fondant la dynastie des Jin. A leur suite surviennent les Mongols, peuplades nomades au sud-est du lac Baïkal.

En 1162 (ou 1167, selon les sources), apparut Temüdji Un, fils de berger. L’Histoire secrète des Mongols dit qu’il avait « du feu dans les yeux et de l’éclat sur le visage ». Il perd son père, empoisonné par le clan rival des Tatars. La fratrie est élevée dans la pauvreté et le dénuement par une mère admirable. 

Adulte, Temüdji un recherch des alliances pour asseoir sa vengeance. La première est celle d’une jeune fille, Börte, de la tribu de sa mère, les Onggirad. Elle aussi a « de l’éclat sur le visage et du feu dans les yeux » d’après la légende. Elle lui donne quatre fils. Il fait ensuite appel à l’ancien allié de son père, To’oril-khan, chef de la tribu des Kereid. Pour finir, il a recours à un camarade de jeu, Djamuka. Fort de cette coalition, le jeune chef mongol v a à l’assaut des autres tribus. En 1206, l’on le proclame Tchinggis-khaan ou Gengis-khan (pour les Occidentaux) : grand khan universel, empereur, fondateur de l’empire mongol.

Sous les Ming et les Qing

Progressivement, au XIVe siècle, la scission de l’empire entraîne sa faiblesse. D’un côté, les Mongols orientaux, héritiers directs du trône, voulant conserver leurs prérogatives; de l’autre, les Mongols occidentaux, simples princes liés à l’empereur, qui veulent usurper le trône. L’empire ainsi fragilisé, la dynastie des Ming, fraîchement constituée en Chine du Sud, s’installe.

histoire de la Mongolie
Malgré plusieurs tentatives héroïques de reconstituer l’empire en ruine, les Mongols tombent sous les Ming (1368-1644) qui introduisent le bouddhisme « jaune ». En 1644, Les Qing (dynastie mandchoue), consacrent leur régime jusqu’en 1911, après les Ming.

De l’autonomie à l’indépendance

Le déclin des Qing et l’ouverture en 1860 d’un consulat russe à Ourga, suscitent un sentiment de liberté. Princes, chefs religieux, éleveurs, faisant bloc autour du supérieur du Grand Monastère, le Bogdo Ghegheen ou Saint Lumineux, sollicitent l’aide de la Russie pour s’affranchir des Chinois. Avec la révolution chinoise (1911), l’on évince du trône, Pu-Yi, dernier empereur mandchou. La Mongolie profite pour s’autoproclamer indépendante : le Bogdo Ghegheen souverain, le 1er décembre 1911. 

Plusieurs conquêtes russes et chinoises visant le contrôle du pays suivent. En 1915, le statut ambigu d’État autonome, mais sous souveraineté chinoise et protectorat russe est le sort de la Mongolie. Puis, une succession d’événements engendre la République populaire de Mongolie, le 26 novembre 1924 avec adoption de sa première constitution. 

Drapeaux successifs de la Mongolie

A travers l’histoire mongole, le pays a connu différents drapeaux, selon le contexte social en vigueur. On peut citer :

  • Le drapeau de la Mongolie autonome hissé de 1911 à 1919 ;
  • Une autre version du drapeau de la Mongolie autonome, en vigueur entre 1921 et 1924;
  • Le premier drapeau de la République populaire mongole adopté de 1924 à 1940;
  • La seconde version du drapeau de la République populaire mongole pour la période 1940-1992.

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